LE MESNILLARD

Publié le par canton-saint-hilaire du Harcouet

 

598-copie-1.jpgC’est le " Mesnil-Alard " du nom de Colin Alard, gentilhomme en 1285 de Brécey et y résidant. Sa famille vassale des comtes de Mortain se maintiendra jusqu'au XVe siècle. Elle a donné son nom à cette paroisse caractéristique des complications territoriales de l'Ancien Régime. Elle devrait être assez simple cependant puisqu'elle relevait directement des comtes de Mortain puis des ducs d'Orléans, arrosée par la Sérouenne (qui prend sa source à Reffuveille), se jetant dans la Sélune après Parigny et étalant pas moins de 6 gros moulins sur les 16 km de son parcours et 3 étangs : la Faucherie, l'Aubriais, la Fichetière.

Mais autrefois, du fait du système féodal, tout était compliqué. Prenons au XIIIe siècle, le fief Alard (ou Allard) par exemple, le plus important de la paroisse. Il se divisait en trois : au nord, 21 aînesses relevaient directement des comtes de Mortain ; le fief Paisnel rassemblait 12 aînesses autour de la Galichère et de Sérouenne, il passa vers 1350 aux de Chasseguey pour deux siècles, ensuite aux de Carbonnel, puis aux d'Erick vers 1750. Enfin le fief du Corps au Parayn puis de Borde par mariage vers 1660, acheté en 1750 par René de la Faucherie concluait l'ensemble.

Pour compliquer le tout, il y avait encore une petite vavassorie au Fléchet qui passa début XVIIe siècle dans la sieurie de Chasseguey, et un manoir au Hamel construit au XVIIe siècle par les Gautier-Fichetière avocats alliés aux de la Faucherie dont nous allons parler plus loin. Partout, dans ce qui est maintenant la commune, il y a des maisons anciennes (au Hamel, la Ricolière, la Fichetière, le Vieux Presbytère) qui témoignent de l'ancienneté de ces hameaux qui ont conservé le nom de leurs fondateurs comme la Gachetière, des Gachet (dont on voit encore une tombe datée de 1584 dans l'église) tenants de petits manoirs encore au XVIIe siècle à la Galichère et au Bois-Geffroy.

Mais, bien sûr, l'orgueil architectural de la commune reste la Faucherie, superbe ensemble avec son avenue hautement ombragée, ses tours, ses jardins ayant remplacé d'antiques fossés de guerre.

 

Le château de la Faucherie

 

Le château de la Faucherie, monument historique, est une ancienne maison forte du XVe siècle, à caractère défensif, dotée de meurtrières, et entourée de douves, aujourd’hui disparues. Cette demeure fut acquise en 1583 par Guillaume Cordon, sieur de la Lande, avocat et sénéchal de plusieurs seigneuries, conseiller élu au comté de Mortain, anobli en 1593. Ses fils, Jacques et Julien prirent le nom de La Faucherie en 1697 transformant leurs armes d’origine en armes parlantes rappelant leur ancien nom : d’azur à trois cordons d’or. C’est probablement à Guillaume Cordon que l’on doit la construction de la tour carrée et de la tour ronde d’escalier flanquée à l’arrière : sa disposition laisse entendre que son propriétaire cultivait le projet d’une construction symétrique qui n’a jamais abouti.

Sur la tour carrée, à l’arrière, on note trois latrines, une à chaque étage, disposées de façon décalée : elles donnaient directement sur les douves. En 1615 Guillaume Cordon reçoit l’autorisation de construire un pigeonnier, celui-ci est installé sous le grand dôme au-dessus de la tour d’escalier. Si l’arrière de la demeure a gardé son caractère austère de l’époque des transformations successives ont embelli la façade : fenêtres agrandies, échauguette à colombages, balcon, corbeaux sous toiture.

Le nom de La Faucherie s’éteint en 1827 par le mariage d’Eulalie de la Faucherie avec Armand du Mesnil. La demeure se transmet alors par les femmes : elle accueillera ainsi Joseph Robillard de Beaurepaire. Par alliances successives, la demeure est toujours restée, depuis Guillaume Cordon, dans la lignée familiale.

 

L’église et la vie religieuse

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Des registres paroissiaux, il ressort que l'église fut refaite sous Michel Julien curé décédé en 1660. Quatre ans plus tard, le 12 novembre, fut élevée la croix du cimetière par le curé Ferrey, originaire des Biards qui tint la paroisse jusqu'en 1694. De ce côté, il faut d'ailleurs noter que la première église, fin XIe siècle de style roman se situait à l'Aumône, et fut remplacée début du XVIè siècle par celle édifiée sur la terre du Domaine, près de la Bréchetière, dans un style identique à celui de Martigny tout proche. En 1580 elle avait déjà été pillée par Jacques d'Ouessey, sieur du Touchet, " protestant enragé " selon les chroniques de l'époque. Le curé Michel Julien la fit complètement restaurer, les travaux durèrent 26 ans de 1626 à 1652.

En 1756 le curé Le Bansays qui se plaignait d’un état déplorable de la paroisse dut s'adresser à M. de Fontette, intendant à Mortain pour demander la diminution des tailles (impôts) : 40 familles qui n'avaient pu payer, devaient rester quatre jours sans manger, le clocher menaçait ruine, et il pleuvait dans la nef ! Le clocher s’écroula à grand fracas en 1762 et fut refait en 1763, les cloches refondues en 1764. Malheureusement, les prêtres ne résidaient pas tous, ce qui amena un procès en 1778, le vicaire ne pouvant tout effectuer seul. M. de la Faucherie décida de prendre les choses en mains, pour nommer lui-même le vicaire instituteur et n'obtint pas gain de cause face au desservant Gauquelin, titulaire jusqu'à la Révolution car il émigra aussitôt. Le duc d'Orléans avant la tourmente eut encore le temps de nommer curé un drôle de personnage, Guillaume-Michel d'Aurelle de Paladine, qui était comme on dirait maintenant une " vocation tardive ", puisque c'était un ancien officier des armées du roi, devenu... moine Prémontré ! Lui aussi passa rapidement en Grande-Bretagne.

 

La révolution

 

En juin 1791, pour à peine un an, fut nommé l'intrus François Bonnel originaire de Vengeons. Il n'y avait guère que trois familles " patriotes " dans le bourg, mais M. de la Faucherie fut arrêté comme suspect et conduit à Coutances. Comme partout une des cloches partit à Mortain, et il n'y eut guère de vrais Chouans sur la commune à part deux vauriens qui tuèrent Laisné le vicaire constitutionnel de la Bazoge, et au Bourg-Gautier un étranger de passage supposé riche. Par contre, furent victimes des vrais Chouans : le charron Julien Legeard à la Galichère qui donnait dans les idées nouvelles, Julien Lepelletier et Michel Leroux à la Gachetière, ces derniers sans doute comme acheteurs de biens nationaux. La dernière victime de ces temps troublés, Fontaine, à la Chinière paraissant le jouet d'un règlement de compte familial.

La Révolution n’a pas laissé de souvenir de dépréciations notables car le curé Gauquelin avait sans doute pris ses précautions, témoin la belle statue de saint Pierre (XVe siècle), sans doute offerte par les patrons présentateurs et qui fut retrouvée enterrée.

Le culte fut rouvert fin 1799 par l'ancien vicaire Cordon. Le curé Pinet originaire de Pain d'Avaine lui succéda en 1803 et tint la paroisse jusqu’en 1808. Sous la Restauration opéra une vingtaine d'années l'abbé Jacques Badier originaire du Buat, puis Geoffroy  ancien vicaire de Pontorson (1836), période où Chasseguey fut en partie annexée (jusqu'en 1852). C'est à ce moment que fut construit le presbytère, et un peu après sous l'abbé Delanoë, l'église restaurée et bénie le 28 juillet 1867.

 

  Les écoles

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  La fondation d’une école paroissiale de garçons remonte à 1652, pompeusement appelée " collège " par Michel Julien. Celle des filles fut créée en 1692 par le curé François Ferey qui en confia l’instruction aux sœurs du Carmel. A la Révolution, le presbytère situé à 500 m du bourg non loin du château fut remis à la commune qui, vers 1830 l’aménagea en école de garçons, laquelle fut remplacée vers 1908 par l’école actuelle. Le dernier instituteur a avoir exercé au vieux presbytère était Albéric Desilles qui enseigna dans la nouvelle école ensuite jusqu’en 1920. Cette école connut des travaux de modernisation en 1952. En 1974 on abattit le gros chêne planté là en 1919, et en 1988 se mit en place le R.P.I (Regroupement Pédagogique Intercommunal) avec Fontenay et Chèvreville avec ici 24 élèves de CE2, CM1 et CM2. L’année suivante dans ce cadre prit place la cantine, mais aussi à la rentrée la fermeture du 2ème poste élémentaire. Dès 1998, ce R.P.I qui existe encore se connectait, avec un wagon d’avance sur tout le monde, à internet.

 

Les archives communales

 

  Elles sont, au Mesnillard, relativement complètes, et permettent, déjà, de bien comprendre que, comme dans toutes les communes voisines, le désenclavement, dès après la Révolution, fut une des grandes préoccupation des élus. Le CD 595, route du Huchet (CD 47) à Chasseguey par Sérouenne, la Paumerie, le Moulin, le bourg, le Hamel, fut ouverte vers 1830. Le CD 133 de Mortain à Montigny en 1840, et dix ans plus tard, le CD 170 Martigny-le Mesnillard par la Faucherie et le carrefour du presbytère. Le prolongement le Mesnillard-Chèvreville par la Fichetière en 1855. L’important CD vers Parigny se fit en trois tronçons : vers Pied d’Argent de 1862 à 1868, la Provostière-la Milaie à partir de 1874 et de la Milaie aux Grézardières en 1868.

Au plan local on voit sous la signature de M. de la Faucherie, maire en 1828, les chemins vicinaux s’établir à coups de corvées en nature, de journées d’hommes, de voitures, de " colliers ", c’est-à-dire de chevaux ou de bœufs. Pour financer ces travaux on vend des landes, les sapins du cimetière, voire quelques chênes.

Les écoles à partir de 1830, voir plus haut, mobilisent tous les élus qui sont ici, comme ailleurs, des censitaires du premier rang, donc, les plus gros contribuables de la commune. On sait par une délibération de 1830, qu’on refuse d’indemniser l’instituteur lequel était pourtant là depuis 17-18 ans. " On lui a rien promis, et il y a plus urgent de réparer l’église et le presbytère " dont le maire a d’ailleurs fait l’avance. " Plusieurs communes voisines n’ayant pas d’instituteur, beaucoup de jeunes viennent à lui ", on considère donc qu’il se paye ainsi ! En fin de siècle, on est plutôt du côté de la cure car on refuse la laïcisation de l’école des filles que dirige depuis 30 ans sœur Monique Pinard. On sent ici l’influence du château sous la houlette de M. de Beaurepaire maire de l’époque (de 1884 à 1906). De la même manière, la commune, contrairement à pas mal de ses voisines va aider la Fabrique, dont les biens d’ailleurs, reviendront à la collectivité après la séparation de l’Église et de l’État.

1900 c’est aussi le moment où l’on commence à étudier la construction d’une nouvelle école de garçons, mais aussi de filles. Les dossiers sociaux (indigents, soutiens de familles, différentes exemptions) encombrent les délibérations du mandat Charles Lepeltier (1906-1919) ou encore, les conditions météo, comme en 1893 quand une impitoyable sécheresse fait perdre la moitié de la récolte de foin. Une aide de 81 F sera octroyée à 41 bénéficiaires.

Le 15 août 1914, alors que la Grande Guerre ne date donc que de quelques jours, originalité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le canton, le conseil municipal " vu l’état actuel du pays " demande l’établissement d’une garde communale, que la mobilisation générale va bien sûr réduire à néant.

Le Mesnillard paiera comme tant d’autres son tribut aux combats des tranchées avec 34 morts, mais aussi à la grippe espagnole qui fera ici 15 morts en quelques semaines (dont le curé Émile Potrel) comme en témoigne son monument datant de 1921, juste avant que démarre la grande affaire des bouilleurs de cru.

Il faut se souvenir qu’ici, tout comme dans tout le Mortainais, les quantités " industrielles " d’alcool distillé avaient permis à certaines fermes de faire fortune. Au Mesnillard, dès 1922, le conseil emmené par Jean James (maire 1919-1929) appuie donc la demande de plusieurs habitants, de la création d’un atelier public de distillerie à la " Ressource " et l’année suivante, le conseil revient à la charge pour que soit ménagée une rallonge aux trois jours " officiels " de distillation et la Justice de Paix de Saint-Hilaire-du-Harcouët est saisie.

Bien que l’électrification et le téléphone (1926) arrivent, tout comme (1933) un premier projet de groupe scolaire le 9 mars 1935 " rendant compte de l’agitation actuelle des populations rurales au vu du retour immédiat au régime de la loi de 1906 ", le conseil démissionne en bloc ! Même réélu, il ferraille encore l’année suivante considérant que le forfait ne doit être qu’une étape vers la liberté complète de bouillir. Les répartiteurs dudit forfait ayant, on le comprend le plus grand mal à effectuer un travail vraiment équitable ! pour la campagne 1933-38, ils refusent même tout net de procéder à la répartition… mais le préfet se retourne contre la commune, lui réclamant par exemple, le manque à gagner sur un bouilleur devenu insolvable ! De nouveau en novembre 38, les répartiteurs, soutenus par tout le conseil se croisent les bras… et le préfet le met en demeure de payer cette imposition de plus de 26 000 F, qui représente plus du tiers du budget de la commune ! Celle-ci nargue alors le préfet, lui demandant d’ajouter cette somme à ses centimes additionnels. Ces tracasseries s’arrêteront à la guerre, pour reprendre ensuite, mais cette fois dans le cadre plus large de revendications nationales, mais où le Sud-Manche prendra une large part jusque dans les années soixante avec des milliers de manifestations à Avranches et Saint-Hilaire-du-Harcouët entre autres.

L’Occupation laissera peu de souvenirs sinon les corvées de tranchées à Saint-Hilaire-du-Harcouët où aux dires d’un de ses participants " on venait avec nos pelles mais sans faire grand -chose, asticotés par d’incessants Arbeit…arbeit " ! (Au travail !)

A la Libération, vu la bataille de Mortain toute proche, ce fut beaucoup plus chaud : le 8 juin deux bombes tombèrent à la Chalopinière, le manoir de la Faucherie tout comme tous les châteaux susceptibles d’abriter les états-majors, fut également visé. A La Fichetière, chez Émile Turquetil on abrita même plusieurs semaines un déserteur polonais, rescapé du dramatique mitraillage d’une colonne allemande au Pointon. Et c’est un cultivateur de la commune qui, avec le boucher Roussel, transporta le résistant Lucien Blouet du réseau de Sérouenne tout proche (sur Martigny) à l’école de Parigny où il sera sauvé ensuite par une intervention du Docteur Cuche, futur maire de Saint-Hilaire-du-Harcouët. La guerre fera une victime au Mesnillard : Isidore Veillard.

La sortie de la guerre, Henri Malval étant maire de 1929 à 1954, revit la routine des dossiers municipaux dressés par l’actif secrétaire de mairie et instituteur Goupil : réparations aux écoles des filles et de garçons (1949), aide aux indigents (4 familles ayant droit aux distributions de pain, et 7 enfants aux sabots et chaussons qui allaient avec). La municipalité René Jammes (1954-1977, décédé en 1984) fait entrer le Mesnillard dans la période moderne, l’arrivée massive des tracteurs (Victor Levannier au Fléchet ayant ouvert la voie dès 1943), les dernières boulangeries en campagne (jusque vers 1970) concomitantes de la fermeture du moulin Jules Bochin, encore tenu une dizaine d’années après sa mort par son épouse Germaine et l’ouvrier Marcel Gautier.

La période est propice aux fêtes : en 1955 par exemple on participe tout à la fois au village du Moulin à la finale de la coupe de la joie, à un concours de tir organisé par le comité des fêtes, et à l’occasion de la Sainte-Anne une grande course de chevaux à la Fichetière. En 1976 on s’associe à Chasseguey, dans le canton voisin de Juvigny pour créer un comité des fêtes présidé par Victor Gosselin.

Le mandat d’Albert Ronceray (1977-2001), est qualifié par ce dernier de " complexe ". Patience et opportunisme avaient été réclamés par l’instituteur secrétaire de mairie Jean Lebrec, fort au courant des affaires communales, ayant fait ici la quasi-totalité de sa carrière de 1961 à 1994. Il en faudra pour le remembrement 1980-1982 en empruntant beaucoup (118 millions) et sans beaucoup d’autofinancement.

De nombreux travaux ont transformé le bourg : parking de la bascule (1977), éclairage (1980), lotissement de 7 places (1981), regroupement pédagogique avec Fontenay et Chèvreville (1988), cantine, extension de la salle communale (1988), aménagement du presbytère, réfection de l’église, gestion de l’après-tempête de 1999 dont 90 foyers 12 jours sans électricité. Malgré tout cela, la population baisse. En 1984, il n’y avait plus que 75 exploitations agricoles (37 supprimées dans l’après-guerre !), 3 commerces (forge Gilbert, café scierie Lair, épicerie Desvaux), 3 artisans, tous disparus maintenant, et puis aussi avec le décès en 1991 du curé Leray (sur la paroisse depuis 1953), la fin d’une certaine ambiance. " Sa forte personnalité, explique un habitant, nous rattachait encore à l’ancien temps. Toujours en soutane, intransigeant sur les principes : gare à celles qui s’amenaient la tête nue dans la nef, et on craignait ses interros écrites du catéchisme dont les résultats passaient dans le Semeur, ce qui fait que tout le doyenné était au courant des lacunes de certains ! ".

Malgré tout, la commune reste très dynamique en participant à plusieurs reprises aux jeux intercommunaux avec sa voisine Chasseguey, en se joignant en 1984 aux autres communes du canton pour fêter le 900ème anniversaire de Saint-Hilaire-du-Harcouët, en créant le club du 3ème âge en 1986 " l’âge d’or " présidé par Victor Morel, puis ensuite par Paul Langlois (1987), Émile Soul (1995) et Victor Jammes (2010). De son côté la société de chasse cherche son indépendance et crée une nouvelle association en 1986 " la palombe " présidée par M. Parrain.

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Yves Gérard qui a repris le flambeau de maire en 2001 voit disparaître l’année suivante le dernier commerce du bourg qui était tenu par Maurice et Fernande Desvaux.

Yves Gérard qui a modernisé le bourg et réaménagé la mairie reste philosophe : " bien sûr on peut regretter la convivialité de l’ancien temps. J’attaque un second mandat plus facilement en ayant appris du premier avec comme objectif d’accompagner au mieux les évolutions des mentalités. Avant la fin de mandat faudra avoir fini les peintures de l’église, et vendu les deux parcelles sur quatre qui restent. C’est aussi maintenant le temps de l’intercommunalité, et il ne faut pas rester isolés ".

 

La forge du Mesnillard : " la Combine " avait réponse à tout !

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C'était en effet le surnom de Louis Gilbert (1908-1974), le forgeron du Mesnillard, tant il était ingénieux et bricoleur en tout, ayant même déposé un brevet d'invention pour une presse à fagot. Il représentait la troisième génération de forgerons établis là depuis 1870. Son grand-père Théodore, originaire de Virey, maréchal des logis à l'école d'application de la cavalerie de Saumur, était donc, dans l'armée déjà dans le métier quand il s'installa d'abord dans un petit bâtiment situé dans la rue principale dans le même axe que l'église, puis en 1880, là où il est toujours, au croisement, sur la nouvelle route menant à Saint-Hilaire-du-Harcouët.

Ce bâtiment ancien a donc vu travailler Théodore, son fils prénommé de même (né en 1878) et son fils Louis qui racheta le fonds en 1937. C'était un haut lieu de la sociabilité villageoise car elle se doublait d'un café, tenu par l'épouse, née Pauline Challier, originaire de Reffuveille, qui tint le comptoir… jusqu'en 2001 ! "Tous les matins, explique Michel Gilbert, fils du dernier forgeron, du lundi au vendredi, mon père ferrait. On marchait comme on dit à l'heure ancienne, et on ne comptait pas son temps. L'hiver où il y avait un peu moins d'activité agricole, il fabriquait du petit outillage, et s'occupait de la trempe des métaux qui demandait plus de soin, en général le soir où il était moins sollicité. Après-guerre, il s'occupait aussi des machines agricoles, tout ce qui était hippotractable, un peu d'électricité, de cycles, de plomberie, des pompes électriques qui commençaient à équiper tous les puits. Tout marchait à la confiance, pour les vélos de marque Talbot, mon père qui eut une des premières voitures du bourg et le téléphone dès 1934, emmenait les gens à Villedieu et pour les fourneaux chez Tabur à Avranches ".

L'état de conservation du bâtiment et de son matériel, et la forte valeur évocatrice de ce métier essentiel dans la société rurale d'autrefois justifiait de mesures de conservation qui ont été prises en 2002 au niveau départemental, pour acquérir les outils et le bâtiment, et les intégrer sur le site de la ferme-musée de Boisjugan près de Saint-Lô. Lors de l'ouverture de cette structure il deviendra un lieu d'exposition ouvert au public mais aussi un lieu d'animation lors des manifestations organisées par le musée.

 

 

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